GUDRUN GUT : Wildlife

•26 avril 2013 • Laisser un commentaire

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Cette artiste allemande, membre fondatrice d’Einstürzende Neubauten, de Malaria! et de Matador, est très active au sein de la scène musicale berlinoise depuis la fin des années 1970. Sorti sur son propre label Monika Enterprise, ce troisième album solo propose différents styles de chansons electro pop d’une tonalité générale soft electro voire ambient, et les influences proviennent aussi bien de la new wave (les claviers de « Tiger ») que de la minimal techno ou de ses compatriotes D.A.F. sur « Garten ». La chanteuse alterne l’anglais et l’allemand dans des textes évoquant la nature, sa beauté mais également ses dangers. Il y a même une reprise (réussie) de « Simply The Best », et ça il fallait oser ! (XG979K)  (PB)

De la place de la cathédrale à l’espace sain Michel.

•8 janvier 2013 • Un commentaire

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La Médiathèque de Liège s’apprête à entrer dans la lumière.

Après tant d’année passées à vous accueillir dans un sous sol, c’est deux étages plus haut et à un autre endroit qu’elle vous fera vibrer au son des thématiques, de ses rendez-vous et de ses propositions musicales et cinématographiques dès le début du mois d’avril.

Nous vous tiendrons informés dans cette rubrique des différentes avancées agrémentées de photos.

En attendant profitez des ventes de média surnuméraires et des bonnes affaires dans nos locaux de la place de la Cathédrale.

Les premières photos du changement

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John Frusciante : « PBX Funicular Intaglio Zone »

•8 janvier 2013 • Laisser un commentaire

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John Frusciante, ex-guitariste des archi-connus « Red Hot Chili Peppers » revient avec  PBX Funicular Intaglio Zone, son 11e album studio, qui marque un tournant majeur dans son approche musicale.

Frusciante qui, en parallèle avec son travail pour les Red Hot Chili Peppers, proposait un rock tantôt psychédélique tantôt expérimental, bifurque vers une toute autre direction avec ce nouvel album.

Les prémices d’un genre nouveau avaient déjà pu être observés avec son EP Letur-Lefr sorti en juillet dernier. Cependant, c’est une rupture totale qui s’opère ici avec PBX Funicular Intaglio Zone.La guitare qui, auparavant, occupait la place centrale dans l’œuvre de Frusciante est désormais moins prononcée, parfois même quasi inexistante sur certains morceaux.L’accent est à présent mis davantage sur des sons électroniques. Le musicien qualifie d’ailleurs lui-même sa musique de Progressive Synth Pop.

Les arrangements sont complexes et repoussent les limites de l’expérimentation, quitte à devenir parfois presque inaudibles.

Les sons sont saturés sur la majorité des compositions ce qui entraîne une confusion sonore.

Tout ce qui est de l’ordre de la transmission d’émotions est relégué au second plan.

PBX Funicular Intaglio Zone est dans l’ensemble un album beaucoup moins empreint de sensibilité par rapport aux précédents essais.

Il y a cependant de belles réussites comme Guitar ou Mistakes.

On retiendra également le morceau Ratiug, dont la construction est plus traditionnelle et sur lequel apparaît le rappeur Kinetic 9.

Si l’écoute de cet opus est relativement indigeste, il est tout de même important de souligner son coté novateur et sa sincérité.

Frusciante a réussi à se libérer de toute attache et c’est un album sans concession qu’il nous offre.(XF927B)

 

AC Davignon

 

Poutine connait-il les « Plastics » ???

•8 janvier 2013 • Laisser un commentaire

PPU 1972

Deux jeunes musiciennes Nadya et Masha viennent de commencer leur nouvelle vie dans les camps pénitentiaires à des centaines de kilomètres de leurs maisons à Moscou. Suite à leur performance anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou cet été 2012 avec leur groupe Pussy Riots elles ont été condamnées à deux ans de prison. Le jugement les a qualifiées de hooligans motivées par une haine religieuse.
Le procès et la condamnation de ce groupe anarchiste a fait beaucoup de bruit. La Russie a montré ici sa conception de la démocratie et de la liberté d’expression. Dans le monde, une vague de militants pour la liberté d’expression soutiennent les Pussy Riots face au gouvernement russe à travers des manifestations, des actions civiles et des pétitions.

Mais des combats semblables ont déjà eu lieu de nombreuses fois dans le passé, dans l’ex-bloc de l’est. Et l’affaire Pussy Riots, c’est finalement l’histoire qui se répète.

Poutine se souvient-il des « Plastic People of the Universe » ?

En 1968 le chanteur et bassiste tchécoslovaque Milan HLAVSA crée un groupe qui s’inspire des groupes de rock psychédélique comme Velvet Underground, Frank Zappa ou the Fugs. The Plastic People of the Universe tirent leur nom de la chanson « Plastic People » de Frank Zappa and the Mothers of Invention. Ils se sont non seulement affirmés comme un des groupes les plus originaux de la scène rock en Tchécoslovaquie mais donnèrent une impulsion importante pour la création d’un mouvement de dissidents politiques contre le régime soviétique et plus tard la Charte 77*.

Libres d’esprit, ils chantent des textes en anglais à caractère mythologique et misent sur le côté spectaculaire et provocateur : des cheveux longs, des feux sur scène, des peintures sur le visage.

Les circonstances étaient dangereuses parce que le parti communiste venait d’entamer le procès de la « normalisation » pour renforcer la puissance de la politique moscovite et liquider tous les réformateurs.

Leur non-conformisme entre en conflit avec l’administration socialiste. Après la privation de leur licence de musiciens professionnels les Plastic People of the Universe rencontrent de plus en plus d’obstacles pour se produire en public. Ensuite une nouvelle loi complique les vies de tous les groupes de rock moderne en interdisant tout répertoire anglais. A cette époque, tous les groupes portant un nom anglais sont rebaptisés.

PPU 2009 H1

Les PPU continuent à résister et à organiser des concerts dans la clandestinité sous couvert de mariages ou de fête d’anniversaires. Devenus les proches de l’homme de théâtre et futur président Václav HAVEL les Plastics enregistrent illégalement dans sa maison de vacances. Mais la police reste à leurs trousses : surveillances étroites, perquisitions, arrestations et condamnations deviennent le quotidien parce que les idées et les valeurs de cette sub-culture ne font pas bon ménage avec la politique répressive du gouvernement HUSÁK.

En 1976 les persécutions ont atteignent leur sommet. La police secrète est lâchée sur l’Underground musical et arrête non seulement les membres de Plastics People, mais aussi d’autres musiciens et des spectateurs. Cette intervention est suivie de plusieurs mois de procès. Au total, 7 personnes seront emprisonnées pour des durées entre 4 et 18 mois. Les informations officielles dans la presse tchécoslovaque décrivaient les PPU comme des hooligans vulgaires, des analphabètes musicaux et des individus mentalement handicapés ; et les spectateurs comme de jeunes chômeurs drogués faisant honte à la moralité de la nation.

La musique de Plastic People est devenue le symbole d’un engagement politique et moral. Le procès a eu une grande résonance parmi les opposants intellectuels, et même à l’étranger on commence à s’y intéresser. Le mouvement de dissidents atteint son point culminant avec la Charte 77, l’initiative d’opposition la plus importante en Tchécoslovaquie.

Et la musique ?

Ce contexte politique a eu tendance à occulter la musique. Durant toute leur carrière les Plastics restent fidèles à leur vision artistique. Musicalement ils évoluent vers une expression unique qui trouve ses échos à l’ouest par des chemins de diffusion clandestins.

La musique est assez déstructurée. La rythmique est mécanique et lourde. Rappelant le Krautrock, elle avance comme une locomotive portant les textes surréalistes et engagés, davantage scandés que chantés. Les instruments prennent leur envol dans des mélodies décalées et dissonantes qui se développent progressivement et semblent spontanées et intuitives. On traverse constamment des ambiances puissantes et épiques vers des improvisations délirantes avec des instruments comme le violon, le clavifon, l’alto-saxophone, le theremin et le vibraphone.

Les Plastic People se séparent en 1988, un an avant la révolution. Ils se reforment en 1992 tout à fait légalement enfin, dans la nouvelle démocratie. En 1989 une partie des membres des PPU crée un groupe nommé Půlnoc, dans la même démarche artistique. Il connait une certaine renommée durant les années 90 en Europe et aux USA.

Pour conclure, petite citation d’un interview avec Vratislav BRABENEC, clarinettiste et saxophoniste de Plastic People, apparue dans Children of the revolution de Ed Vulliamy dans The Observer en septembre 2009 :

« I am no less dissident now than I was then, » says 66-year-old Brabenec. « Why should I be? Our identity as a band was to do with poetry, not politics. We were more artistic than political. I am one of those whose cultural actions, not political actions, were sufficient to make me a subversive. The politicians made us political, by being offended by what we did and the music we played. I don’t know how many musicians in modern times have been imprisoned because their music offended the authorities, but we are among them. And although it is rather more comfortable for us now, we are still a cultural and artistic dissent against the norm. »

* La Charte 77 est un document rédigé en 1977 par un groupe de dissidents, dont Václav HAVEL, qui reproche au gouvernement socialiste de ne pas respecter les Droits de l’Homme. L’original a été signé par 242 personnes avant d’être confisqué. La diffusion du document était considérée comme un crime politique. Des copies ont donc circulé illégalement en Tchécoslovaquie sous le manteau. Par les exilés, ils ont été diffusés dans les pays étrangers et publiés notamment dans Le Monde, le Frankurter Allgemeine ou le New York Times. Le gouvernement a réagi en prenant de nombreuses mesures afin d’en limiter la diffusion auprès des citoyens. Il a obtenu l’effet inverse : en critiquant tellement la Charte 77, les citoyens s’y sont intéressés. Au moment de la Révolution de Velours en 1989, la Charte 77 comptait déjà 1.900 signataires.

RC

Techno – Lieu de naissance : Detroit

•20 octobre 2012 • Laisser un commentaire

Techno… ce mot nous fait penser à Ibiza, à la Love Parade de Berlin, à Sven Väth, au Fuse…. On oublie souvent que la Techno est née aux USA, à Detroit. On oublie aussi qu’au départ, c’était la musique underground des classes ouvrières afro-américaines. Au courant de cet exposé, nous découvrirons quelle est la place de Detroit dans la culture américaine et pourquoi c’est précisément là que la Techno est apparue. Nous comprendrons également les idées qui ont inspirés les pionniers de la Techno (voir Alvin Toffler et son livre Third Wave en 1980).

Vendredi 9 novembre 2012

La médiathèque de Liège

Place de la cathédrale 14

18h30

 

Beat Bang

•20 octobre 2012 • Laisser un commentaire

Beat Bang, c’est l’histoire des musiques électroniques de 1988 à 2011, depuis la techno industrielle, les esthétiques avant-gardistes jusqu’à celles du dance floor. À découvrir dans une application ludique notamment sur tablettes et smartphones.

bbLes musiques électroniques sont partout, même là où l’on ne s’y attend pas, elles touchent des publics très diversifiés, sur des tranches d’âge allant de 15 à 55 ans. Il existe au monde au moins 350 festivals de musiques électroniques répertoriés, quasiment un par jour : c’est la bande-son mondiale permanente !

Beat Bang raconte cette histoire que nous faisons démarrer en 1988 et qui, très rapidement, devient une multitude d’histoires imbriquées. Tout commence par une confrontation sociale : l’aliénation industrielle, le travail à la chaîne abrutissant, un rythme de production accéléré qui symbolise l’accélération globale de la société projettant nos vies vers un inconnu consumériste pas très reluisant. Et puis, très vite finalement, dans les principales grandes villes américaines où s’est installée la perception frontale de ce rythme industriel qui formate la totalité des corps, arrive la désindustrialisation. Au rythme speedé porteur d’une transe promettant de beaux jours économiques succède une décrue redoutable, une retombée, un rythme dépressif. Ces deux temps inséparables de la modernité, plutôt que de la subir passivement, des artistes vont se les approprier et les transformer en musique. La pulsation industrielle, depuis ses splendeurs jusqu’à ses misères, captée et transformée par les appareils électroniques, devient le matériau musical d’une des plus importantes aventures musicales du XXème siècle et qui se poursuit au XXIème.

Les musiques électroniques vont déployer un univers de formes inédites en perpétuelle expansion allant du plus tribal au plus cérébral. Car la traduction du beat social, cet électrocardiogramme de notre monde, ne sera jamais univoque mais au contraire ne va cesser de se différencier pour restituer les innombrables nuances complexes de ce battement polaire, créateur, destructeur. Là, où de l’extérieur, on entend souvent dire « ces musiques se ressemblent toutes, moulées sur le même beat », un examen approfondi révèle une diversité inventive qui, au fil des décennies ne se dément pas. Une mesure objective rend compte de cette diversité des cultures électroniques : elles couvrent un spectre très large, de zéro BPM à cent quatre-vingt.

Les albums sont classés historiquement sur une ligne du temps et, ensuite, croisé avec l’information de leur BPM (battement par minute). C’est un critère qui devient dominant à partir de 1988. En même temps, là où beaucoup de gens imaginent que toutes ces musiques sont sur le même rythme, nous faisons apparaître une grande diversité d’émotions et de cultures sonores.

Une thématique menée par David Mennessier et Benoit Deuxant

www.beatbang.be

 

 

  • Les BPM – Le tempo : marqueur des musiques électroniques
    Aujourd’hui une grande partie de la musique électronique est calculée en battements par minute, BPM, et ce de façon assez stricte. Il y a à cela plusieurs explications.
  • « Voodoo Ray »
    Nous avons retenu 1988 comme point de départ d’une approche européenne de la question, et choisi, comme premier morceau de notre sélection, « Voodoo Ray ».
  • Portraits
    • Andrew Weatherall
      Depuis environ 25 ans, le journaliste, DJ, remixeur et producteur Andrew Weatherall évolue au point de rencontre entre rock, pop et musiques électroniques en cherchant par-dessus tout à ne se laisser enfermer dans aucune niche trop étroite.
    • Massive Attack
      Pour beaucoup, l’histoire de Massive Attack commence par un long travelling dans les rues de Los Angeles, très précisément sur West Pico Boulevard. Une femme vêtue d’une longue robe noire y déambule tout en scandant ces quelques mots sans se soucier des laissés-pour-compte qui l’entourent et qui comme elle traînent leur spleen à travers un monde en perdition.

Anniversaire Matamore , rendez-vous avec Jean Mikili

•20 octobre 2012 • Laisser un commentaire

Jean Mikili

Morceaux choisis

Dans le cadre du 10ème anniversaire du label Matamore

Samedi 27 octobre à 18h

Quelque part entre les mots fantasmagoriques de Mathieu Boogaerts, l’humour malicieux et les fabuleuses mélodies africaines de l’illustre Francis Bebey, un trio d’ici invente l’ailleurs de la chanson française. Jean Mikili chante ses promenades en Flandre, ambitionne de briller sous le soleil de L.A. et annonce la mort des vedettes. Enfin ?

Jean Mikili jouera aux Chiroux après le rendez-vous, à 20h30

jm

Accès gratuit, réservation souhaitée

http://soundcloud.com/jean-mikili

mLe label Matamore
Matamore n’est pas un label pop ordinaire où les albums se succèdent, où une sortie chasse l’autre, où les albums se fondent rapidement dans un catalogue de produits interchangeables tournant tous plus ou moins à la même couleur un an après une parution tapageuse.

Non ! Chaque disque est une mûre réflexion, une sorte d’accouchement. Pas seulement un reflet, mais la marque profonde d’une individualité à un moment crucial de son existence. À réécouter sans cesse leurs albums, je réalise que leur grâce, leur simplicité, la sincérité de leur expression musicale, les histoires qu’ils racontent n’ont pas pris une ride. D’accord, ils sont encore jeunes, mais pour moi, ils illustrent quasi à chaque plage soit une émotion cruciale dans un parcours de vie, soit un sourire de connivence en forme de cœur léger.
Ce sont des compositions qui ont du sens, qui s’épanouissent, sur scène et sur disque, au sein d’un label qui a lui-même du sens et une philosophie de vie, à commencer par un sens particulier des relations humaines.

Dans Détours, une Interview de Maxime Lê Hùng, responsable du label.