EXPOSITION : rromane ćhave

A la Médiathèque de Liège du 22 juin au 31 août 2012

Rromane ćhave

(prononcez "romané tchavé")

Mille fois évoquée, la situation des Rroms est tristement célèbre. Victimes de lourds préjugés et d’un racisme qui n’émeut quasiment plus personne, ils doivent en général survivre avec le double handicap de naître pauvres et Rroms. Des millions d’Européens d’origine Rrom font l’objet d’une exclusion sociale de grande ampleur. Personne n’en veut, et pourtant ils ne demandent que cela, de travailler pour vivre, tout simplement.

Pourquoi "rromane ćhave", les enfants Rroms (en langage Rrom) ?

En mai 2008, je participe à un voyage de découverte organisé par la grande danseuse Simona Jovic dans les banlieues Rroms de Suto Orizari et Topaana, à Skopje, dans les Balkans. 40 à 50.000 personnes vivent dans un endroit que d’aucuns nomment bidonville. C’est un choc. Une amie me dit se retrouver projetée en Inde. Les premiers contacts viennent d’abord par les enfants, vifs et intelligents, débordants de sourires, de joie de vivre, de vitalité, malgré la misère évidente. Je reviens marqué et changé de ce voyage, même si je ne le sais pas encore.

Septembre 2009. Rien à faire, j’y retourne, hébergé par des Rroms musulmans qui vont vite devenir des amis. Des ONG travaillent comme elles peuvent sur le terrain, des contacts s’établissent. Tout n’est pas rose, aider utilement les adultes est complexe et souvent décevant. Reste les enfants, que l’école peut encourager à sortir du ghetto. Je recherche un gamin rencontré en 2008. Cenar dort dans la rue, plus de maman, père en prison. Dix jours plus tard, c’est le parcours du combattant. J’accompagne Ljatifah, de l’ONG Ambrela, durant deux jours, pour le faire ré-admettre à l’école, même s’il n’en a plus le droit. Deux mois encore et trois autres enfants viennent rejoindre Cenar. Ça y est, je suis accro.

"Kher bi ćhavenqo, devel bi ćaxrainĕnqo" Maison sans enfants, ciel sans étoiles, dit le proverbe. Cette exposition de photographies se propose de montrer les Rroms tels qu’ils sont vraiment, à travers ce qui leur est le plus précieux, leurs enfants. Une image vaut bien des mots et peut bousculer des idées reçues, tout comme l’instruction. L’école reste d’ailleurs leur meilleur moyen de sortir des ghettos et d’accéder à une vie plus normale.

Mes photographies n’ont pas pour but de vous émouvoir gratuitement, pour vous faire aimer le peuple Rrom contre votre gré. Mais si vous ressentez à travers elles ce que j’ai vu et compris, vous et moi partagerons quelque chose de précieux: la confiance, le respect mutuel.

Charles van Lith, février 2011

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Bio

Charles van Lith, né à Verviers, Belgique, en 1952.

Initié à la peinture dès son enfance par son grand-père, à Maastricht, des études de photographie à Liège suivies d’une carrière de graphiste font de lui un homme passionné d’image. Il sait qu’une bonne photographie vaut mille mots. On le dit doué, sensible, discret, il aime devenir invisible pour capter l’essentiel, l’instant décisif. Il partage avec un maître de la photographie humaniste, Willy Ronis, l’envie qu’on dise un jour de lui: "C’était un brave type, et un bon photographe".

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"Charles fait partie de ces personnes qui sont tournées vers les autres. C’est l’Humain qui l’intéresse… dans sa vie et dans son art. Après avoir exploré bien des endroits et dépeint, à travers ses photos, la vie sous ses différentes facettes, il tourne son objectif, avec beaucoup d’humilité et de simplicité, vers ceux qui ont en le plus besoin. Mais ce n’est pas tellement en montrant la misère qu’il fait en sorte qu’on s’intéresse aux Rroms et à leur vie. C’est au contraire en captant ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, de plus lumineux et de plus humain dans chacune des personnes et des situations qu’il photographie. Et cela grâce à ses qualités d’artiste, mais avant tout grâce à ses qualités humaines. Car c’est avec son cœur que Charles photographie. Mais qu’il agit également! Altruiste, généreux, engagé, Charles fait aujourd’hui la joie de plusieurs enfants de Suto Orizari. En s’investissant, d’un côté, personnellement auprès d’eux et en faisant, de l’autre côté, découvrir, à travers ses images, une autre réalité de leur vie. Un bel hommage aux jeunes Rroms et le reflet d’une grande complicité qu’il partage avec la jeunesse de Sutka !"

Simona Jovic, février 2011

www.simonajovic.com

(plus d’info via le lien Facebook sur la page d’entrée)

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Un peu de documentation…

Proverbes rromani relatifs aux enfants,

extraits de « Humour et sagesse du peuple Rrom »,

par Marcel Courthiade.

Maison sans enfants, ciel sans étoiles.

Homme sans enfants, oiseau sans plumes.

Un père, une mère, beaucoup d’enfants, c’est ça, la force des Rroms.

Les enfants  sont un monument vivant pour leurs parents.

Une maison où il n’y a pas d’enfants est une maison sans bonheur

Un Roi/Monsieur est celui qui a des enfants, pas de l’argent.

Là où il n’y a pas d’enfants, il n’y a pas de bonheur.

Exposition accessible du 22 juin au 31 août à la médiathèque de Liège place de la cathédrale.

Heures d’ouvertures:

Lundi: fermé

Mardi: de 11h à 18 h

Mercredi : de 11h à 18 h

Jeudi : de 12h à 18h

Vendredi; de 11h à 18h30

Samedi: de 10h à 18h

Dimanche/jours férié: fermé

~ par skecher le 28 juin 2012.

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